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01/05/2011

Le Framing de la Campagne Référendaire France 2005

Résumé

Ce travail de recherche concerne la stratégie argumentative de la campagne référendaire sur le traité européen dans la presse française. Elle porte sur les éditoriaux parus entre janvier 2005 et 30 Mai 2005 dans cinq journaux : Le Figaro, Libération, Le Monde, La Croix et l’Humanité.

Deux questions principales guident cette recherche :

- quels sont les arguments qui ont soutenu le débat sur la campagne dans la presse écrite française?

- autour de quels enjeux nationaux et européens ces arguments-là se sont-ils déployés ?

Le cheminement pour répondre à ces deux questions fait appel à une approche qualitative, plus précisément à l’analyse qualitative de théorisation ancrée. Les arguments sont considérés comme des justifications en contexte favorable au ‘pour’ ou au ‘contre’ le traité, et l’analyse cherche à en montrer la cohérence discursive. Les éditoriaux des journaux sont conçus dans ce travail comme des archives qui illustrent l’exercice du droit médiatique et extension d’opinions. Les résultats mettent en évidence des traits de la culture médiatique française envers l’intégration européenne et des spécificités du rôle social des médias. Ils permettent à la fois de définir la trajectoire argumentative autour du sujet référendaire et de développer le concept de représentation médiatique, la saillance. Ils dressent aussi les paradoxes des relations entre l’opinion de l’élite, et les enjeux liés à la société française.

INTRODUCTION

Les médias reflètent le discours d’une société sur des objets donnés à un moment donné. Ils donnent à ces objets un cadre de compréhension.

À l’issue d’une votation populaire du 29 mai 2005 en France, la majorité des français ont donné un refus à la question : Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ? La couverture médiatique de la campagne s’est prolongé au-delà du sujet référendaire et une affaire que se pensait de deuxième ordre, rapidement s’est transformé en événement de la Une de la presse française. Une forte controverse s’installe dans la société française et les médias conduisent l’analyse du dossier sur une base de relations tendus entre personnalités politiques, partis politiques, entre une élite pro-européenne et une société confuse dans ses représentations.

Notre perspective s’attache à l’évolution et stratégie du cadrage argumentatif du débat tout au long de la campagne. Nous nous proposons d’analyser comment se forme la représentation médiatique d’un sujet mettant en présence deux visions opposées de l’Europe. Une situation d’opinions opposées dans un pays historiquement et économiquement ancré à l’intégration européenne. En prêtant attention au cadrage médiatique, l’étude proposée permettra d’observer l’affrontement argumentatif entre partisans médiatiques de la constitution et opposants du texte européen. Étudier cet affrontement dans les principaux médias écrits français, ouvre la voie pour vérifier le passage effective du sujet dans l’opinion publique, au même temps que finalement nous permettra de légitimer ou délégitimer l’opinion dominante que les médias sont en général pour l’Europe.

Notre premier objectif est de mesurer les arguments dans les éditoriaux. Il s'agit plus précisément de faire le compte des arguments formulés par chaque éditeur. Afin de procéder au repérage des arguments exprimés, il faudra établir une définition opératoire du cadrage. Une première tâche sera alors de rendre compte des différentes définitions de cadrage et de déterminer celle que nous privilégions. Dans le cadre de ce mémoire, nous aurons recours aux approches de Mathes et Kohring (2008) pour nous positionner dans la définition de cadrage plus convenable à notre analyse. À des fins de comparaison, nous proposons également de faire appel à quelques données quantitatives.

Le second objectif est de mettre en évidence le rôle de la ligne de l’éditorial dans la rédaction. Même s’il s’agit d’un élément secondaire dans cette recherche, la théorie de la presse ‘political-oriented’ est important dans la mesure où elle justifie la suite argumentative de chaque journal. Cette théorie, qui attribue à l’éditorial un discours orienté politiquement joue trois principales fonctions, celles de promouvoir, d'attaquer et de défendre les opinions d’un axe politique, d’un parti ou d’une personnalité, permettant de déterminer plus spécifiquement la proportion d'arguments remplissant ces trois fonctions. À cet égard, nous croyons que l'argument remplit un rôle différent dans le discours de chacun des journaux en fonction de l’axe politique où ils se positionnent. Dans ce mémoire, nous formulons une hypothèse selon lequel le challenger aura davantage recours à l'argument d'attaque de la part des journaux dites de gauche, alors que ceux connotés avec la droite ou le centre auront une plus grande propension à utiliser des arguments de défense.

Les éditoriaux de 5 journaux français pendant la campagne référendaire de 2005 constitueront le corpus de la recherche.

Dans le premier chapitre, nous préciserons davantage les motivations qui guident ce mémoire. Nous situerons par le fait même notre recherche dans le champ d'études du cadrage, aussi bien que les principales théorisations sur la construction du cadrage qui existent dans la littérature et à préciser celle(s) que nous avons retenue(s). Cette démarche visera aussi à atteindre l’objectif d’inscrire la pratique journalistique française dans le modèle pluraliste polarisé. Le deuxième chapitre sera consacré à la présentation de la problématique et au codage qualitatif des données. Nous aurons recours à cette méthode afin de déterminer la proportion d'arguments destinés à la promotion du pour ou contre le traité. Cela nous permettra d’aller au cœur de l’objectif de ce mémoire. Dans troisième chapitre nous analyserons et détaillerons le corpus de la recherche, soit les éditoriaux des cinq journaux de référence.

Pour finir la conclusion où ont présentera les résultats obtenus et formulerons les observations en lien avec nos objectifs et hypothèses de la recherche.

I – CHAPITRE : La Construction du Cadrage

Au cours ce chapitre, nous exposerons les différentes façons de construire le cadrage qui existent et préciserons celles nous avons retenue. Cette démarche a pour but de répondre au premier objectif de ce mémoire qui consiste à réviser l'apport de la stratégie du cadrage dans les medias.

Le cadrage est abordé et mesuré de cinq façons dans la littérature. D'une part, on l'aborde dans une perspective herméneutique où il prend la forme d'un raisonnement interprétatif lié à éléments culturels. On le conçoit dans la façon linguistique, c'est-à-dire qu'il est défini en fonction de l’analyse d’une sélection structuré de mots et phrases dans un texte, et il peut alors prendre d'autres formes que le raisonnement. Le cadrage peut aussi prendre une forme holistique. Cette dernière façon de caractériser le cadre est liée à une certaine sélection de nouvelles qu’après sont codées en variables. On peut aussi faire référence à la méthode assisté par logiciel, une façon plutôt quantitative, où sont crées tableaux que relient mots, phrases et textes conduisant à l’analyse du cadrage. Et pour finir, l’approche déductive où les arguments sont codés de fonction de réponses linéaires ‘oui’ ou ‘non’. (Mathes et Kohring, 2008).

Notre point de vue va à l’encontre d’une perspective pragmatique, c'est-à-dire, le cadrage est associé à une présentation moins rigide. Autrement dit, il prend d’autres formes que le raisonnement quantitatif et pour nous, il est une combinaison de points de vue et de raisons venant appuyer ce point de vue. En effet, nous croyons que les éditeurs n'ont pas seulement recours aux raisonnements dans l’exposition éditoriale. La formulation d'autres formes d'arguments que le raisonnement peut tout aussi bien contribuer à convaincre les lecteurs à adhérer à leur position et corroborer leurs opinons. Parmi les approches abordées, nous donnons proéminence à la perspective linguistique de l’analyse du cadrage. Mais pour qui l'argument se rapporte au processus plus général par lequel on tente de convaincre un auditoire, nous soulignons aussi l’approche herméneutique. Les premiers se basent sur les énoncés et les procédés du langage pour définir l'argument tandis que pour les seconds, l'argument renvoie à des propositions exprimées le plus souvent dans un contexte culturel suscitant la controverse et dont le sens des propositions est généralement dégagé à partir d'une réalité concrète.

Puisque les objectifs de ce mémoire sont orientés dans une perspective croisée entre la linguistique et l’herméneutique, nous écartons d'emblée les définitions qui ne sont pas associées. Rappelons que la présente étude vise à dresser un portrait qualitatif des arguments dans les éditoriaux des principaux journaux français ainsi qu'à mettre en évidence le rôle qu'ils remplissent dans un contexte de campagne référendaire. Dans le cadre de ce mémoire, nous croyons davantage pertinent de retenir l'avis des auteurs pour qui l'argument renvoie au processus par lequel on tente de faire admettre une thèse à l'aide de propositions appuyées de justifications. Nous admettons la différence entre argument et opinion[1] ; admettant aussi qu’ensemble ils restent la source du cadrage stratégique.

1. Définition opérationnel de cadrage

“A more detailed and widely accepted definition is offered by Entman (1993, p. 52, original emphasis): ‘‘To frame is to select some aspects of a perceived reality and make them more salient in a communicating context, in such a way as to promote a particular problem definition, causal interpretation, moral evaluation, and/or treatment recommendation for the item described.” Par exemple, Gitlin (1980) définit le framing comme principes de sélection, de définition d’un problème, d’interprétation causale et de traitement recommandé. Pan et Kosicki (1993) définissent le cadrage comme « un schéma cognitif utilisé pour coder, interpréter et faire référence à une information ». Les trois sont complémentaires, ces définitions remplient l’exigence formelle pour l’opérationnalisation de notre recherche.

2. Théorie de l’action et revue de littérature

Toutefois, la plupart des définitions du cadre sont plutôt vagues et
ne peut donc pas être directement traduits en indicateurs empiriques. ‘Finally, a treatment recommendation can include a call for or against a certain action’. (Mathes et Kohring: 2008). D'une réalité perçue que les rendre plus saillante dans un contexte de communication, de telle de façon à promouvoir une définition de problème particulier, l'interprétation causale, moral d'évaluation, et / ou recommandation de traitement pour l'élément décrit dans un contexte donné. ''Dans cette définition, plusieurs éléments de charpente constituent un cadre: une définition du problème, une interprétation causale, une évaluation morale quand il s’agit de mettre en évidence la théorie de l’action dite polarisé. Une recommandation de traitement. L’approche fonctionnel opératoire du cadrage des arguments (de suite) amène à:

1. « Facteurs médiatiques » (news factors) comme critères de sélection communément acceptés (Galtung/Holmboe Ruge). Caractéristiques inhérentes aux événements, donc reconnaissables par tous les journalistes, déterminent leur valeur médiatique Une additivité et complémentarité des facteurs médiatiques. Postérieurement la confirmation empirique de l’importance des facteurs médiatiques comme critères de sélection (Sande 1971, Schulz 1976, Staab 1990). La positivité ou négation du traité, une position d’attaque où de défense envers l’enjeu central. Puis que qu’on puisse ajouter d’autres enjeux secondaires comme variables de justification, l’interprétation ne pourrais pas aller plus loin que le rôle établi par une sorte de protocole interne. Pourriez-nous l’appeler d’approche apolitique qui néglige le rôle délibéré des médias, mais ça nous amènerais à un autre objet de recherche.

2. Évaluation de la valeur médiatique de différentes pièces d’information à travers un test quasi-expérimental attendant comme résultat l’évaluation de la valeur médiatique et la sélection de l’information puisqu’ influencées par le positionnement du journaliste. Les journalistes comme acteurs partisans. Un positionnement acquis du modèle français. Théorie de l’action, modèle du journalisme partisan où ‘importance des préférences et intérêts des médias, et leur influence sur la sélection peut être inconsciente et implicite. Rôle actif et stratégique des médias, surtout dans les pages éditoriales Sélection de l’information n’est pas neutre, mais orientée, c’est-à dire, la pénétration de l’opinion éditoriale dans la partie rédactionnelle. La quantité d’objets sélectionnées pour supporter cette recherche accomplit le rôle et sa maximisation dans l’argumentation et opinions dans un contexte de pour où contre le traité proposé.

Si ces éléments sont considérés comme des variables référendaires à mesurer, chacun d'eux peut avoir plusieurs catégories en une teneur de savoir d’analyse de la campagne en soi. Une définition du problème peut être constituée d'une question et les acteurs pertinents qui discuter le problème d’un contenu expressément consenti de l’apport positif que l’opinons des journaux est surtout pro-européenne. Nous l’admettons aussi dans cette recherche considérant les postulats de Mancini à propos de la façon de faire de la presse française. Un espace médiatique où une interprétation causale est une attribution d'échec ou de réussite en ce qui concerne un résultat précis. La culture politique des français s’annonce dans un ton orienté de l’élite. Une évaluation peut être positive, négative ou neutre et dans les éditoriaux manifestement les propos argumentatifs et d’opinion sont révélateurs de la voie du contenu du même journal.

L’option de prendre les éditoriaux comme objet d’analyse a déjà été annoncé précédemment. Néanmoins, il faut exploiter les contours de l’absence de consensus autour de la pratique journalistique et l’impartialité des éditeurs. Un des éléments d’une presse impartiale est l’impénétrabilité du mur qui sépare l’éditorial de la rédaction. Le point de vue de l’éditeur est supposé ne pas intervenir dans le choix des reportages. Selon les normes journalistiques, l’information doit être objective, libre et sans pression ou direction de personne (Kim Kahn and Patrick Kenney, 2002, p.381) “According to the executive editor of the Washington Post, Leonard Downie, Jr., the news departement at the Post follows the paper’s formal ethics policy that ‘the separation of news columns from the editorial pages … is solemn and complete’ ”(Seib 1994 cité par Kim et Kenney, p. 381). Selon l’éditeur du réputé journal américain la frontière entre l’éditorial et le choix des nouvelles, les enjeux, reportages et leurs saillances est infranchissable. Mais Kim Kahn et Patrick Kenney assurent qu’aux États-Unis, les journaux n’ont jamais été totalement dissociés des ‘cues’ partisanes et qu’ils sont toujours une source de propagande politique. Selon eux, les préférences politiques sont manifestement visibles dans les pages de l’éditorial. Et que, contrairement aux affirmations de l’éditeur du Post, ils ajoutent « The editorial influence on news coverage has electoral ramifications. In particular, the endorsement decisions of newspapers, reflected in the news coverage, may affect citizens’ attitudes about competing candidates. » (Seib 1994 cité par Kim et kenney, p.382). Acceptant ces propositions, nous pourrons faire le parallélisme avec les clivages situant a priori les journaux dans l’axe gauche/droite. Nous nous appuyons sur cette proposition de Seib pour renforcer l’idée de l’importance des éditoriaux dans la prise en relevance d’une affaire ou d’un enjeu et de sa saillance. Ce qu’on veut mettre en lumière c’est la signification du message transmit. Defendant l’idée que “models of persuasion … suggest that people who are highly involved with an issue are likely to process relevant messages in detail. They are thought to rely on careful scrutiny of message content and their knowledge of the merits of the issue to judge the validity of an advocacy. Accordingly, under high involvement, how people combine or integrate message-relevant information into a unitary attitude plays an important role in persuasion.”(Petty, Cacioppo, and Schumann, 1983), plusieurs études confirment que l’influence des médias dans l’opinion public est évidente, et que cette influence est encore plus directe quand il s’agit de la préférence du vote « The contemporary view is that media influences are primarily the cognitive effects of agenda-setting and framing how events and candidates are perceived (Iyengar and Kinder, 1987, McLeod et al. 1994). At the same time, other researchers have continued to explore the medias’ potential for persuasion. Robert Erikson (1976) found that a newspaper’s editorial endorsement was significantly related to county-level voting patterns. John Robinson (1974) and Steven Coombs (1981) also documented a direct relationship between newspaper endorsements and the voting patterns of readers. Noelle-Neumann (1984) claimed that the media can have a strong influence on voting preferences when their message is clear and consistent. Larry Bartels (1993) showed that measurement error may significantly attenuate estimations of media effects, and he argued that the direct influence is much stronger than previously recognized. John Zaller (1996) provided new evidence that media content can affect policy preferences and political evaluations.” (Citation de Dalton, Beck and Huckfeldt, 1998 :112). La plupart de cette littérature est d’origine saxonique où le modèle libéral prédomine et le bipartisme domine l’aréna politique. En Europe, des États coordonnés et directives régulatrices, le jeu des médias acquière d’autres dimensions. Néanmoins, le rôle des éditoriaux n’est pas très différent. Le problème émerge la littérature très peu approfondi sur le thème dans les recherches sur l’Europe et en Europe. Ce qui nous a amené à raisonner sur un cadre en introduisant les études faits à propos de l’importance des éditoriaux et leurs positions dans le champ politique du cadrage du message, renforçant l’idée argumentative tenu par ce que les éditoriaux remettent dans l’orientation du contenu rédactionnelle.

II – CHAPITRE : Le problème et la méthode

1. Problématique

Le débat public a lieu quand un acteur ou un groupe d'acteurs veut souligner l'écart entre un ordre des choses telles qu'il est effectivement et un ordre des choses tel qu'il voudrait qu'il soit. Cette divergence suppose la confrontation d'intérêts ou de points de vue différents. Ainsi tout débat public, quand médiatisé ressort de la communication politique et de l’argumentation (Perloff 1998).

Par communication politique, nous entendons « le processus par lequel les leaders d’une nation, les médias et les citoyens échangent et attribuent une signification aux messages concernant la conduite/gestion de la politique publique »[2]. Ce processus implique des interactions entre les trois acteurs principaux : détenteurs du « leadership », médias et citoyens. Les médias, par définition, existent comme intermédiaires, situés au milieu, au centre de différentes sources d’information en tant que supports de diffusion de ces informations ainsi que, au sens de leur étymologie latine, comme « milieu, lieu accessible à tous, à la disposition de tous » ou « lieu exposé au regard de tous »[3]. De promotion, d’attaque et de défense, ils constituent un lieu de passage de l’individuel au collectif, ou plutôt de l’individuel au social et inversement. Ils s’inscrivent dans un processus de dynamique sociale. Pourriez-nous aller jusqu’à consentir une voie jusqu’à la construction social de la réalité ? Une société attendant un clair envers une situation de confrontation en termes de pertes et gains d’un processus élitiste de conduite externe de l’assimilation politique et culturel d’une intégration externe et supranational. Cette recherche m’intéresse par deux raisons principales : a) la question du framing des médias dans ce référendum. Le problème de fond, est résumé au fait que les médias ne sont pas arrivés à convaincre l’opinion publique française. On ne peut pas affirmer que les médias qu’on analyse s’inscrivent dans le ceux qui non pas réussi à transmettre leur message. Mais on pense que, grosso modo, tous les médias on échoué dans cet enjeu. On a été bien clair dans notre propos initial, on n’analyse pas les effets du cadrage sur les lecteurs/électeurs. C’est une tâche impossible d’accomplir dans cette recherche. Ce qu’on prend comme problème est le cadre que les médias écrits ont présenté à leurs lecteurs, pas les conséquences. Celles-ci sont difficiles à mesurer, même s’il y a quelques sondages qui nous pourraient aider à certaines ‘fiables’ mais ‘faibles’ conclusions.

H1: Les principaux médias écrits français ont été favorables au traité proposé.

H2: Les médias écrits de référence ont primé les questions nationales (game frame)[4] en détriment des questions européennes (issue frame).

H3 : Selon leur localisation dans l’axe gauche/droite, le cadrage de l’enjeu est fait tenant en compte une approche d’attaque ou de défense et promotion argumentatif : le média dit de gauche met accent sur des prérogatives d’attaque en matière d’État providence (chômage, santé, sécurité sociale, culture, enseignement), grosso modo, d’ordre social et antilibéral. Le média nommé de droite surélève les prérogatives de l’État-nation (sécurité, économie, immigration, défense, politique étrangère), l’economie constitue le centre de leurs attentions et l’antagonisme du modèle social français et du modèle saxon libéral, les arguments basculent plutôt d’un côté. Discours de cohérence éditorial.

2. La méthode

Au cours de ce chapitre, nous expliquerons aussi en détail la méthodologie utilisée pour effectuer notre analyse.

Le cadre théorique exposé dans le chapitre précédent fournit les bases sur lesquelles nous nous appuierons pour effectuer l'analyse des cinq journaux pendant la campagne référendaire de 2005. Nous nous servirons d’une grille de codage de mots et phrases des éditoriaux pour effectuer l'analyse. Cette dernière se réalisera en deux étapes. Tout d'abord, dans le but de mesurer l'apport de l'argument dans l’enjeu, nous procéderons au repérage systématique des arguments et des opinions. Tout d’abord, nous déterminerons s'il s'agit d'arguments de promotion du pour ou contre et effectivement situer les médias dans un contexte plus global face à l’Europe ; d'attaque ou de défense afin de mettre en évidence le rôle que remplit l’argument dans l’axe gauche/droite. Et, cela permettra également de confirmer ou d'infirmer l’hypothèse spécifique selon lesquelles le challenger aura davantage recours à des arguments mettant en avant les enjeux nationaux, ou alors arguments concernant l’enjeu européen.

Le repérage des arguments se fera de forme à identifier les arguments (propositions et justifications) et les opinions (propositions seules) formulés par les éditeurs. On va essayer, dans un premier temps, repérer la totalité des propositions mises de l'avant. Dans un deuxième temps, nous devrons vérifier si ces propositions sont rattachées à des justifications et les noter. Dans le cas où une proposition est liée à une justification, il s'agira d'un argument. Lorsqu'une proposition ne sera pas appuyée d'une justification, ce sera une opinion. Un tableau sera construit ayant comme base cette démarche.

L'identification des arguments et des opinions ne se réalise pas toujours clairement. En effet, puisque les énoncés ne se présentent pas toujours de façon évidente comme des propositions ou des justifications dans un paragraphe, nous allons faire attention à la présence de proposition (pense que..., crois que...) et de justifications (parce que..., en raison de...) que facilitent établir le lien entre la proposition et la justification. Toutefois, il arrive le plus souvent que des arguments soient formulés sans que de tels indicateurs soient employés. Dans les cas où les indicateurs argumentatifs sont absents, le « principe d'interpretabilité » rend tout de même possible l'identification des propositions et des justifications. Ce principe repose sur la capacité de l'analyste à dégager le sens d'un énoncé à l'aide des informations qu'il a à sa disposition (Gauthier 2005: 134). Le principe d'interpretabilité pose qu'elles [propositions, justifications et parfois questions] peuvent alors être identifiées à la lumière de la signification des énoncés, de l'architecture textuelle, de l'intention présumée de l’éditeur et des informations contextuelles relatives à l’enjeu principal.

Concernant les secondaires où de deuxième ligne, les enjeux de gauche et de droite, les sujets de chaque axes positionnent postulats d’attaque ou la défense, de pour où contre et systématiquement une ligne pour et contre le traité même admettent la neutralité. Nous allons aussi pouvoir constater différences dans les rédacteurs des éditoriaux du même journal. Une question que pourrait orienter une autre recherche du cadre argumenté et d’opinions mais que nous ne pouvons pas exploiter dans cette recherche.

3. Le qualitative ancré théoriquement

Dans une perspective pragmatique, le choix pour cette méthode prend d'autres formes qui peuvent rendre compte des situations de promotion, d'argumentation et opinion dans le langage. Par exemple, l'argument pour et contre s'inscrit dans cette perspective de récolte de données, puisqu'il a une structure différente de celle du raisonnement que se démarque du quantitatif simplement mesuré. Ce type d'argument, qui consiste à discréditer en s'attaquant est souvent utilisé en politique éditorial. Les exemples suivants l'illustrent positionnement par rapport au conflit du modèle social français et le modèle libéral anglo-saxon: « Mais nul ne contestera que le débat autour duquel la droite française tourne depuis des années doit un jour être enfin tranché. » « Désormais, les choses sont claires. Derrière les querelles politiques axés les enjeux de rassemblement, volonté de rupture ou souci des équilibres.» L’attaque argumentatif par la gauche confronté davantage à chercher du coté l’évidence du fameux model du plein emploi et du salaire minimum en constante progression, la France du chômage et d’exclusion. La droite en défensive avec dépense publique, défense et intégration européenne de culture gaulliste. Le décorticage des arguments aideront à cadrer l’attaque et la défense dans le choix éditorial qui nous amènent à la troisième hypothèse.

Le concept de méthodes qualitatives départ avec la difficile tâche à saisir stéréotypes fréquents d’attaque ou défense: mais optant pour un codage (catégories) que nous concevons synonyme de description simple où l’observation du cadre descriptive à comme prétention contribuer à la corroboration ou réfutation des hypothèses établis.

En réalité, l'éventail de méthodes et d'approches est très grand. Il est plus difficile de faire de bonnes analyses qualitatives que des analyses quantitatives simples. Nous nous posons toujours de questions sur la validité et fiabilité de notre recherche. Evidement, le contenu est là et la validité ou fiabilité n’est pas mis en question. Les concepts discutés dans promotion, attaque ou défense que s'appliquent aussi au sein du message transmit conscient ou inconsciemment à un contexte de campagne référendaire, peuvent par eux poser de questions d’interprétation et discutables au fur et à mesure que nous utilisons une conception pragmatique pour analyser des données cadrés dans une théorie de l’action journalistique. A retenir, nous ne parlons aussi de tout ce que peux nous amener aux effets dont ceux-ci seraient livrées à une autre méthode d'analyse négligée dans cette recherche. Ce module présente une sorte de synthèse, avec des tableaux qui permettront de discuter quelques mesures quantitatives avec compréhension. Les méthodes qualitatives peuvent être combinées avec les méthodes quantitatives ou formelles et nous ne l’avons pas ignoré.

3.2. Les Données : Le processus de la recherche qualitative

La démarche qualitative s'effectue par étapes parallèles et circulaires quelques aspects communs. Toute théorie doit être ancrée dans des descriptions "riches" chaque proposition théorique doit être ancrée dans des contenus des journaux ainsi que l’argument et l’opinons. Le rôle délicat de l’analyse du cadrage et, les propositions pouvant être touchés dans la linguistique rend la plupart des approches où il est bien "visible", joue même un rôle actif. Le teste s’avère à la gauche avec l’Humanité et Libération (Tableau1).


3.3 Présentation des Journaux

Le Figaro est connoté comme porte-parole de la droite. Les éditeurs de la matière référendaire sont Alexis Brézet, le premier à mettre en avant le discours du traité, dans l’éditorial de 12 avril, donc en pleine campagne, intitulé : « Au rendez-vous du oui ». Les autres rédacteurs sont Yves Thréard et Nicolas Barré. Le journal est dénoncé comme une autorité auprès des soutenants du oui. Il a rapporté 17 éditoriaux marquants de la campagne. Le Monde paraît pour la première fois le 05 janvier 2005. Le premier, au moment de la mise en agenda du référendum est titré : « Référendum de risque ». Ce quotidien français est, selon le sens commun, entre la gauche et la droite, mais plutôt placé au centre dans ses contenus. Seul un éditorial est signé, le dernier du 27 Mai 2005, par la plume de Jean-Marie Colombani, le ‘président du directoire’ titré : « Illusion du non ». La Croix est quotidien d’identité catholique sans liens institutionnelles à l’Eglise. Identifié avec la gauche, son positionnement sur l’échiquier politique selon le secrétaire général de la rédaction est modéré[5]. Les éditorialistes pendant la campagne sont Guillaume Goubert, premier éditorial du 7 mars 2005 intitulé : « Du temps pour l’Europe », Bruno Frappat, Dominique Quinio et François Ernenwein. L’Humanité et Libération complètent l’échantillon d’éditoriaux. Ils se montrent très critiques sur la politique des dirigeants français. Les deux journaux publient l’ensemble de 50 éditoriaux (28 pour le premier, 22 pour Libération). Du côté Humanité, les éditeurs sont Pierre Laurent (premier éditorial du 22 mars 2005 intitulé : «Texte en main »), Patrick Appel-Muller, Jean-Emmanuel Ducoin, Maurice Ulrich, Michel Guilloux, Jean-Paul Pierrot et Patrick Le Hyaric. Concernant le Libération Jean-Michel Helvig (premier texte apparu le 15 janvier 2005, avec la mise en agenda du référendum, intitulé : « Pyromanes », Gérard Dupuy, Jean-Michel Thénard, Patrick Sabatier, Serge July et Antoine de Gaudemar.

Les éditoriaux sont nominatifs. Dans le Monde seulement un éditorial apparaît signé, mais nous les considérons dans le tout de l’analyse comme voix du rédacteur en chef. Bien qu’ouverte la possibilité pour la contradiction, les éditoriaux sont majoritairement écrits par des membres du journal exerçant une position d’autorité et concernent toujours une forme d’opinion. Tous les textes ont été classés dans une banque de données informatisée. Nous référons que le début de notre recherche a commencé avec 16 journaux français, 3 étrangers, puis 937[6] objets journalistiques et finalement 64 éditoriaux des cinq journaux de référence. Puis imprimés pour procéder à une analyse la plus souple possible. Concrètement, nous avons procédé à un soulignage et à un repérage des arguments et des endroits concernant la France et l’Europe avec des phrases et paragraphes, tout en créant une grille d’interprétation à chaque texte. (Tableau 3).

a) La concentration sur les textes d’argumentation et opinion : les éditoriaux

Ce travail envisage l’éditorial selon la définition globale que proposent Sloan, Wray et Sloan (1997). Ainsi, par éditorial nous entendrons dans ce travail de recherche : «un texte écrit publié originellement dans un journal et qui est qualifié explicitement par le journal d’éditorial ou qui est publié en tant qu’opinion du journal. L’éditorial se caractérise par sa visée persuasive explicite et sa nature collective. C’est un texte à sens unique et aux arguments tranchés. Il exprime l’opinion du journal.»[7]


(Demandez la totalité la de l'article à l'auteur)


[1] Opinion est une proposition formulée sans être appuyé sur une justification, tandis que l’argument est le résultat de l’articulation d’une proposition et de sa ou ses justifications. (Gauthier 2005 :132).

[2] Perloff, 1998, pag.8.

[3] Gaffiot, 1934, p. 959. Cette conception générale des médias revient à les caractériser d’une part comme caisse de résonance (les médias se font l’écho des informations) ; d’autre part, comme lieu de communication publique.

[4]Nous entendons ici par jeux nationaux la lutte acharnée entre acteurs individuels, partis politiques, gouvernement, Président de la République, grosso modo, les rapports de forces internes ; par opposition aux enjeux européens.

[5] Pierre-Yves Le Priol est secrétaire général de la rédaction et écrit presque dans chaque n° une chronique intitulée « Fidèle au poste ». Selon lui, ‘La rédaction est « modérée », elle se méfie des extrêmes, de droite comme de gauche. Le journal est lu par un lectorat du centre (2/3 de centre droit, 1/3 de centre gauche).’Entretien du journal Gens de la Fontaine : http://gensdelafontaine.over-blog.com.

[6] Archives Sciences-Po Paris, Dossiers de presse: France 144/5, t.24, 9914 ; France 144/5, t.25, 9915 ; France 144/5, t.26, 9916 ; France 144/5, t.27, 9917 ; France 144/5, t.28, 9918.

[7] Sloan, W. D., Wray, C. S., & Sloan, C. J., Great editorials masterpieces opinion writing, Northport, Vision Press, 1997, p.2.

Liberalismos - Da razão do homem à teleologia atemporal

Introdução

O filme de Eric Rohmer sobre a Revolução Francesa de 1789, A inglesa e o Duque ao transmitir-nos a sua visão contra-revolucionária – uma outra forma não oficial de ver os acontecimentos que marcaram a História até aos nossos dias – conduz-nos pelas angústias de uma aristocracia francesa confrontada e angustiada com o seu destino e dividida entre pragmáticos – que defendiam uma saída airosa no âmbito da “legitimidade” revolucionária – e os “puros” contra-revolucionários, para os quais a Revolução constituía algo de abominável e de funesto. Entre as duas posições encontramos posicionamentos de diverso matiz, com nuances várias, entre as quais o do denominado liberalismo aristocrático, brandido por um grupo de liberais, de perfil anglófilo, que actuavam no seio da “direita” na Assembleia Constituinte. É sobre este liberalismo defendido por uma parte minoritária da aristocracia e esquecido, diríamos melhor, banido da História do liberalismo pelas próprias gerações futuras de historiadores liberais – devido, sem dúvida, ao facto de aquele liberalismo encerrar um pecado original, ao ser simultaneamente de corte aristocrático e portanto elitista e profundamente contra-revolucionário – que pretendemos falar, por forma a fazer sobre ele alguma luz.

1. O liberalismo aristocrático

Na Assembleia Constituinte saída da Revolução Francesa, de 1789 a 1791, dois mundos, um aristocrático e outro, democrático, afrontam-se. Confrontados com os princípios de 1789, os aristocratas construíram uma doutrina contra-revolucionária, inspirada em diversas tradições e com fins diversos. No interior do grupo aristocrata é preciso, pelo menos, distinguir duas grandes tendências, a primeira, denominada pura, é a herdeira de uma síntese confusa entre o determinismo histórico de Boulainvilliers e o conservadorismo integral, matizado de alguns contributos dos Pais da Igreja e de Bossuet. Anuncia ao longe o pensamento teocrático da Restauração e o anti-parlamentarismo de todos os contra-revolucionários franceses até Maurras.
A segunda corrente, liberal mas não monárquica – monarchien - herdeira do liberalismo aristocrático dos monarchomaques até Montesquieu, ocupa um lugar singular na história do liberalismo francês pela ambiguidade da sua doutrina, tanto liberal, como contra-revolucionária, que anuncia Edmund Burke. É esta segunda corrente, minoritária no seio do grande grupo aristocrata, que aglutina os espíritos anglófilos como Cazalès e os seus amigos, Montlosier, Rully, des Roys, Puisaye, todos tomados de liberdade, mas furiosamente ligados a todos os corpos intermédios (nobreza, Parlamento, clero...), assim como aos seus privilégios honoríficos. O seu programa é politicamente inovador (são partidários da monarquia à inglesa), mas socialmente conservador, o que os distingue dos puros aristocratas - hostis à Constituição inglesa - e dos monarchiens - hostis às ordens do Antigo Regime. Situados entre estas tradições contraditórias, estes deputados formam a charneira francesa esquecida, entre Montesquieu e Burke. Herdeiros do espírito do século, desta anglomania posta em moda pelo Esprit des Lois, Cazalès e Montlosier – que retomarão as suas formulações – sonham com o estabelecimento em França de uma monarquia à inglesa, com um rei dispondo de todo o poder executivo e um poder legislativo exercido por duas Câmaras, uma baixa e outra dos Pares, dispondo o rei de um último e definitivo poder de impedir, pelo seu veto, os projectos da Assembleia, salvo em matéria fiscal. Não existe, aos seus olhos, melhor regime que “esta admirável Constituição inglesa” (Cazalès), onde o rei é uma autoridade forte “hereditária”, “inviolável” e onde a sabedoria de uma Câmara alta modera os ardores da Câmara dos Comuns. A sua anglomania resume a essência da sua filosofia política virada para a liberdade - “O povo francês é pouco sábio, pelo que não precisa da liberdade; e eu digo, precisa da liberdade para que se torne sábio” (Montlosier). Mas o seu liberalismo vai afastar-se radicalmente do anunciado pelos homens de 1789. Com efeito, ao mesmo tempo, estes aristocratas são também os herdeiros directos da corrente conservadora, aristocrática e determinista que, desde os monarchomaques até Montesquieu (passando por Boulainvilliers ou Saint-Simon) prega o retorno à monarquia primitiva da França herdada dos Francos. Cazalès resumiu bem o espírito deste determinismo histórico: “É impensável que os legisladores sábios não concordem que é uma grande vantagem poder ancorar as leis novas nas antigas e de dar, por este meio às novas leis o respeito que só a mão do tempo pode inspirar”.
Como conciliar este determinismo com a sua anglomania? A forma como o farão constitui a originalidade destes herdeiros do liberalismo aristocrático. Para estes deputados conservadores, a instauração de uma monarquia à inglesa não seria uma criação, mas, pelo contrário, uma restauração da monarquia dos tempos feudais. Num texto pouco conhecido, mas essencial, Montlosier exporá esta tese muito específica: “A Constituição de Inglaterra e uma parte dos seus usos e das suas leis não são outra coisa que a própria Constituição e usos e leis de França. Não é preciso ser hábil para saber que quando Guilherme, o Conquistador, tomou a Inglaterra, levou consigo com todo o seu rigor a instituição da feudalidade. Não é preciso ser hábil para saber que a instituição do pariado, de que, sobretudo, se trata aqui, é bem mais antiga em França do que em Inglaterra: não é assim, como se diz, um governo estrangeiro que pretendo levar para França, pois que é o próprio governo de França que passou para Inglaterra”. Este texto é muito mais profundo do que parece. Mostra a vontade real de um aristocrata como Montlosier – e este afirma nas suas Memórias, que assim também pensa o seu amigo Cazalès – em estabelecer uma Constituição à inglesa em França. Com efeito, o elogio da Inglaterra é um dos lugares comuns do século XVIII, que encontramos mesmo nos discursos de certos puros como Maury. Mas para estes últimos não se trata de um exemplo a seguir, considerando, pelo contrário, que esta Constituição notável só pode existir em Inglaterra e que ela é, dirá de Maistre, uma excepção que, definitivamente, como tal não se pode aplicar em França. Os liberais aristocratas não partilham desta tese. O texto de Montlosier apresenta, igualmente, um interesse particular, e que ilumina o debate político de 1789 sobre o bicameralismo e a controvérsia entre puros aristocratas, anglómanos monarchiens e anglómanos aristocratas. A aproximação histórica da demonstração de Montlosier, da qual, parece, aliás, consciente, é claramente reveladora da diferença que quer estabelecer – aos olhos dos puros do seu grupo – entre a sua iniciativa e a dos monarchiens. Estes últimos, com Mounier à cabeça, consideram que a França monárquica não tinha Constituição e propõem-se criar uma no exemplo da Constituição inglesa. Um tal postulado não é aceitável para um aristocrata como Montlosier que considera que a França tinha uma Constituição. Admitir que se torna necessário criar uma Constituição para estabelecer um sistema inglês, seria para Montlosier, reconhecer a iniciativa voluntarista da Revolução, que encarnavam os monarchiens – mesmo que atirados para o lado direito da Assembleia.
Assim, justificando, mesmo que através de uma ficção histórica, a ideia de uma restauração da monarquia à inglesa em França – o que significa que a liberdade em França é histórica – os aristocratas anglómanos, como Montlosier, podem reivindicar, frente aos puros aristocratas que procuram desacreditá-los, tratando-os de monarchiens, tanto o seu gosto pelas instituições da liberdade, como a sua hostilidade pela Revolução – por toda e qualquer Revolução, mesmo a dos monarchiens de Maio/Junho de 1789. Em conclusão, para Montlosier ou Cazalès, não se trata de procurar na História da Idade Média uma arqueologia da monarquia feudal temperada, como pretendia Boulainvilliers, mas, pelo contrário, uma monarquia moderna à inglesa, bicameral. Entre Montlosier e Mounier, Cazalès e Malouet, existe mais do que um ponto comum – para lá da sua paixão pela monarquia inglesa – que, inclusive, reforça a sua amizade. Apesar de tudo, os monarchiens pertencem ideologicamente ao campo dos revolucionários. O seu combate do Verão de 1789 a favor da reunião das três ordens – contra os aristocratas – é a prova; a sua concepção do mundo político e social não é aristocrático, mas já democrático. Todos os monarchiens, encabeçados por Mounier, opõem-se à teoria dos corpos intermédios ou intermediários de Montesquieu, que é, pelo contrário, para os aristocratas, considerada como a peça fundamental, a garantia essencial da liberdade. Estes últimos, fiéis a Montesquieu, consideram que a nobreza, os parlamentos, o clero “são os diques potentes contra o despotismo de todas as espécies” (Cazalès) e que a liberdade depende da sua manutenção. Este tema clássico do liberalismo aristocrático é desenvolvido por deputados como Cazalès, Montlosier ou Rully...Talvez não tenham muitos argumentos novos a juntar à tese de Montesquieu, segundo a qual como todo o poder tem tendência para abusar da sua potência, são necessários, numa monarquia, corpos intermédios – “canais médios por onde escorra a potência” – que são também muralhas sociais contra a hegemonia do poder central. O interesse da sua argumentação reside no facto de pela primeira vez terem de confrontar a sua concepção de liberdade com os partidários de uma liberdade democrática, monarchiens à cabeça, hostis aos privilégios e desejosos de sacrificar todos estes vestígios feudais no altar da soberania popular. Diz Montlosier, “se desdenhando embaraçar-nos com a perfeição de uma ordem nova, imaginássemos ter feito muito pela felicidade pública destruindo os privilégios das províncias, as prerrogativas da nobreza e a autoridade dos grandes corpos judiciários, quer dizer, todas as antigas limitações ao despotismo, estaríamos a enganar-nos muito, pois teríamos dada nascimento a um despotismo mais terrível que o primeiro.” É bem evidente a nobreza o que estes aristocratas defendem em primeiro lugar, esta “antiga nobreza que em todos os tempos foi a força e a glória do Império francês”, dizia Cazalès, e “conforme os ditos de Montesquieu, a honra é a criança e o pai.” Sem ela , os indivíduos iguais uns aos outros encontram-se desprovidos face ao poder cuja potência foi reforçada pela abolição das ordens. “Falta de nobreza, falta de monarca, mas temos um déspota”, lembram citando Montesquieu.

2. Os aliados franceses de Edmund Burke

Estes liberais merecem o epíteto de aristocratas. As dificuldades de rang devidas ao nascimento não os chocam, elas parecem-lhes mesmo tão naturais, que não sentem necessidade de se justificarem. Afirma Montlosier “Por toda a parte verão sob uma forma ou sob uma outra, a aristocracia nascer e crescer segundo leis imutáveis da natureza”. No entanto, estes anglómanos condenavam os privilégios exorbitantes de que a nobreza francesa gozava sob a monarquia dos Bourbons. Igualmente condenavam a mentalidade desta mesma nobreza, isto é, o corpo de que eles próprios faziam parte, que julgavam muito pouco aberto ao mérito e ao comércio, ao invés da nobreza inglesa. É uma das críticas essenciais formuladas por Cazalès, em 23 de Maio de 1789, para justificar a abolição dos privilégios pecuniários da ordem. Este desejo de abolição era partilhado por certos puros, mas estes não pretendiam dar à nobreza francesa os traços da nobreza inglesa, o que desejavam, pelo contrário, Cazalès e Montlosier, fiéis à lógica do seu plano anglómano. Para Montlosier, a nobreza não devia ter nenhuma prerrogativa particular. A sua única distinção seria o seu título e a sua capacidade para os títulos honoríficos, assim como para ocupar os lugares da Câmara alta.
Os herdeiros do liberalismo aristocrático e de Montesquieu converteram-se em 1789 à monarquia inglesa, deixando aos puros aristocratas as pretensões nobiliárias furiosas de um Boulainviliers. O aristocratismo de um Cazalès ou de um Montlosier não é mais em 1789 do que a justificação à inglesa de um corpo intermédio necessário à existência da liberdade. Conversão sincera ou táctica oportunista? O carácter eminentemente aristocrático do seu liberalismo torná-los-á sempre suspeitos para os homens de 1789 e desqualificá-los-á, em seguida, aos olhos de toda a tradição liberalfrancesa do século XIX. Esta justificação estranha do privilégio e da liberdade aparecerá como uma filosofia de bricolage e os herdeiros da razão e da soberania popular não poderão aceitar esta filosofia impura. Com Cazalès e Montlosier desaparece, assim, em França, esta tradição, nascida no século XVI, associando estreitamente liberdade aos privilégios e preocupando-se pouco com a ideia de soberania. Sobre este último ponto, estes liberais desenvolvem uma concepção bastante original. Admitem que a soberania vem do povo mas não julgam que esta questão mereça um grande interesse. Procurar se a soberania vem do povo, da nação ou mesmo de Deus não é mais para eles do que uma questão metafísica, ou seja, sem interesse para um legislador pragmático. Ao contrário, condenam os herdeiros da vulgata de Rousseau, que acreditam poder resolver o mistério da liberdade através desta teoria da soberania popular. A liberdade existiria quando o povo participa directa ou indirectamente no poder e na elaboração da lei, expressão da vontade geral. Os aristocratas recusam esta lógica demasiado perfeita. Para eles, fiéis à tradição antiga do liberalismo, existe uma antinomia radical entre a participação no poder e a liberdade – não é por todos os cidadãos participarem no poder elegendo os seus deputados que tal os impedirá de ser escravos. De acordo com os liberais aristocratas, que aqui tocam num dos pontos essenciais da interrogação liberal, não é a fonte do poder (soberania popular, nacional, divina...), mas a sua limitação (por corpos intermédios numa monarquia) o que garante a liberdade. Os aristocratas responsabilizam os patriotas por terem levado o povo nesta dramática confusão entre liberdade e soberania. Este tema, próprio à tradição liberal anglo-saxónica de Burke a Hayek, deixa pressagiar uma filiação entre os aristocratas anglómanos franceses e o grande teórico liberal da contra-revolução, Edmund Burke.
Publicadas em Novembro de 1790, as célebres Reflexions on the French Revolution de Burke foram de imediato traduzidas e difundidas em França e terão inspirado profundamente, no momento, os aristocratas franceses – tanto puros como liberais, cada um bebendo daquela obra à sua maneira. Todavia, diga-se que os liberais aristocratas através dos seus discursos pronunciados antes da publicação das Reflexions, se não influenciaram, pelo menos confortaram as teses de Burke, ávido leitor dos debates da Constituinte. Aliás, Burke reconhecerá a sua dívida. Partilhando a desconfiança dos liberais anglómanos franceses pelas tendências pouco liberais dospuros aristocratas e condenando com eles a actuação revolucionária dos monarchiens, Burke terá a sólida amizade de um Cazalès, que emigrado, viverá na casa de Burke, de Beaconsfield, amizade que se consolidará na mesma ironia a respeito dos espíritos de Coblenz e na mesma animosidade para com certos monarchiens (como Lally-Tollendal). Toda a investigação de paternidade entre Burke e os negros seria em vão e será suficiente constatar – pois tal é pouco conhecido – que, dos dois lados da Mancha, ao mesmo tempo, o mesmo grito liberal e anti-revolucionário nasceu (os Essais de Montlosier com acentos tão burkeanos datam de Outubro de 1790...um mês antes das Reflexions). Como os liberais aristocratas franceses exprimiram os seus princípios de uma maneira confusa, o que não aconteceu com Burke – tratando-se do resultado de todo o pensamento desenvolvido na acção – a sua doutrina, infelizmente, não teve o sucesso do britânico.

INDICE
Introdução ……………………………………………………………………2
1. O Liberalismo aristocrático ………………………………………………2
2. Os aliados franceses de Edmund Burke ………………………………6
I – Capítulo: Liberalismos 1. O que é o Liberalismo? …………….9
2. Utilização da palavra liberalismo ………………………………………..10
3. Para uma análise histórica da filosofia social dos economistas clássicos ……….12
4. Da Pré-História do pensamento económico …………………………..13
5. Reflexões de Ortega y Gasset acerca do liberalismo ………………..21

II – Capítulo: Liberalismo em Portugal
1. Alexandre Herculano contra o Absolutismo da centralização ……24
2. Breve Sinopse Bio-bibliográfica ………………………………………..31
3. Espírito doutrinário de Herculano ……………………………………...37
A crise de Portugal, segundo Herculano e a geração
romântica …………………………………………………………………...37
3.2. A fundamentação da moral na religião …………………………..42
3.3. Concepção religiosa do homem …………………………………..48
3.4. Concepção religiosa da história e da política …………………..50
3.5. O Liberalismo de Herculano ………………………………………..56
3.6. Crítica à filosofia incrédula …………………………………………67
Conclusões ……………………………………………………………………….72
Bibliografia Citada ………………………………………………………………75


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