Introduction
La construction de la paix est intrinsèque au destin de l’humanité. Les États se battent pour le destin de l’humanité. La promotion de la démocratie par la force est l’écho à un ordre que nous est plus favorable, nous semble juste et correct. Les valeurs et idées démocratiques justifient les interventions. Il s’agit toujours de défendre une façon de faire vers les droits de l’homme et le respect pour l’humanité. Néanmoins, le schéma sécuritaire international entour la diffusion de valeurs que sont favorables à l’Occident. Évoquer les problèmes de la société internationale par un discours moraliste visant à désigner les bons et les méchants est possible mais jusqu’à quand ?
Le malaise s’accroît lorsque l’on constate à quel point l’Occident, lieu essentiel du débat théorique, trouve de bonnes raisons pour élaborer des doctrines interventionnistes fondées sur de grands principes ou de bons sentiments. D’abord l’Eglise et la guerre juste, puis la défense de la démocratie et des droits de l’homme ; on continue à s’attribuer la meilleure part, celle de la justice dans les relations internationales.
L’argument libéral autour de la pluralité d’acteurs réduit le pouvoir de l’État mais pas son effacement. En d’autres termes, c’est le fruit d’un choix clair des États en faveur d’un pluralisme aussi bien interne qu’externe, comme convient dans une société libérale. Le nouvel ordre post guerre froid favorisait l’intégration du monde et privilégiait la coopération pour régler les différends. Les institutions internationales étaient la clef d’un nouvel monde de la sécurité. La pluralité d’acteurs à l’interne comme à l’externe obligeait les états à se mettre en arrière plan dans la scène internationale. Mais, comment intégrer et interpréter l’unilatéralisme américain et la puissance hégémonique de l’Occident dans cette perspective institutionnelle libérale d’une paix démocratique ? Si les états jouent à l’arrière plan avec le multilatéralisme (ou toile d’araignée), quels sont les rapports des échanges ? Et les institutions internationales sont-elles impartiales et au centre de la toile? Les blocs inter démocratiques et les « additional political players » internes et externes sont-ils vraiment de ‘firewalls’ supranationaux à la guerre?, agissent au-delà ou en pair avec les États Nations? Ce sont de questions auxquelles on ne va pas vraiment répondre de facto, mais qui peuvent animer la discussion de l’approche libérale faite dans ce papier et, grosso modo, à la conception théorique libérale des relations internationales. Adoptant l’expression « trouble ontologique » (BUTLER : 2004) on va essayer de ce papier de définir le point de confluence entre l’objectivité et le pouvoir, c'est-à-dire, comment la théorie libérale pense, analyse et juge le pouvoir. Le pouvoir autant que constitutif de sujets autonomes (états et autres) et conceptualisation des relations externes entre ces entités préconstituées. La norme, le discours, la responsabilité et l’éthique comme constitutifs de la justice des négociations internationales entre acteurs que parfois ne se reconnaissent pas, ni partagent les mêmes référents symboliques/culturels. Redéfinition stratégique d’une assimilation aveugle aux différences ? c’est quoi la pax democratica ?
Problématique
La question de fond, comme d’autres questions viennent d’être posées dans les derniers paragraphes. Mais quel est le problème ? Qu’est qui empêche de théoriser systématiquement dans le domaine des relations internationales ? À mon avis, d’une part la complexité de l’internationale par soi, d’autre part la manque de cohérence empirique. Mais on peut plus loin « … Alexander Wendt, à la suite du structuralisme de Michel Foucault, recherchèrent dans toutes les théories des points de convergence épistémologique. Wendt, qui se présente lui-même comme un « constructiviste » ou théoricien du second rang, s’attache à démontrer l’identité de vue des pensées néolibérales et néo-réalistes, lesquelles reposent toutes deux sur un « atomisme ontologique et un positivisme épistémologique » : en bref, il reproche aux deux théories de réifier des instances, que ce soient l’agent, l’Etat, le système mondial; sa critique porte sur l’absence d’étude des processus qui permettent aux structures d’exister et de se construire mutuellement par un système d’interactions et de feedback. Ces deux théories contestées conduiraient en effet à négliger une véritable ontologie qui « cesserait de considérer action et structure comme deux forces d’un antagonisme dualiste ». Cette analyse vient à point nommé pour replacer les théories à leur juste endroit, c’est-à-dire à un moment de la pensée occidentale dicté de façon étroite par sa tradition culturelle. » (MARTRES : 2003).
Le libéralisme cherche ou espère construire la paix par l’intégration, interdépendance et symétries économiques supranationales. Néanmoins, l’objectivité démontre la poursuite d’intérêts, de dominations, influences et contrôle. C’est la politique de la puissance, de l’unipolarisme américain dans la mondialisation économique des relations internationales. Qui empêche ou qui peut empêcher les États-Unis d’intervenir ? C’est à cause de cet unilatéralisme observable après le 11 Septembre que la performance du mot ‘libéral’ est remise en question. La question de l’éthique des interventions, les stratégies de construction de la paix semblent aller dans les sens des engagements des grandes puissances. Les organisations internationales, au moins, celles qui direct ou indirectement ont une dépendance explicite des États interagissent en profite du jeu stratégique de défense d’intérêts spécifiques des états en détriment des intérêts communs de l’humanité.
Dans cette logique, l’hypothèse de la guerre n’est pas mise de côté par les simples raisons de l’absence de reconnaissance de l’autre et l’humiliation soumise par les contraintes de l’assimilation d’autrui. Donc, la paix démocratique est un constituant de l’hypothèse de la guerre ; de la même façon que, dans la suite logique, plus un pays est engagé dans le multilatéralisme et partenariats internationales plus forte est la possibilité de s’engager dans des conflits tiers. Du même que plus il est engagé institutionnellement moindres sont les possibilités de conflit direct avec un adversaire. Évidemment dans ce papier nous semble peu approprié, par difficultés empiriques, de mettre en évidence la validité ou réfutabilité de cette double hypothèse. Néanmoins, on va dans le corps du travail exploiter les variables proposés par GOENNER qui s’appui sur les contraintes économiques pour expliquer les rapports de conflit entre pays.
Cadre théorique
L’approche libérale s’appui sur l’institutionnalisation des rapports politiques et économiques afin de favoriser la paix, la coopération et stabilité entre nations. (J.J.Roche : texte dokeos). Dans les rapports politiques, c’est la démocratisation institutionnelle des nations qui surmonte contre d’autres systèmes et régimes politiques. Au niveau économique, sont les rapports commerciaux appuis sur des régulations internationales qui emportent sur l’anarchie étatique. L’harmonisation de normes, la notion de partage, le compromis et interdépendance, favorisent la durée de la paix, la justice et la sécurité internationales. On peut monter à Kant ‘la paix perpétuelle’, ou à ‘la théorie de la justice’ de Rawls ; mais c’est Nye (selon Roche) qui meilleur met le doigt sur la question du pouvoir. Nye avec la notion de « soft power » a la capacité de surélever la capacité d’attraction et de persuasion de la puissance plutôt que la menace ou la coercition. Les moyens de pression traditionnels sont plus couteux et plus inefficaces face au dialogue, à l’information et au savoir. Donc, la multiplicité d’acteurs et les réseaux d’information variés et diversifiés favorisent la maintenance de la paix stable et durable. Mais le partage d’un système communicationnel commun, partage de normes et valeurs, et la propagation d’une culture démocratique communément acceptée sont conditions sine qua non pour la stabilité sécuritaire.
La conception de justice[1] est aussi un pilier de la sécurité, et les libéraux s’appuient sur une définition à géométries variables. Selon eux, les états se battent pour le destin de l’humanité, donc jamais sur le prétexte de l’intérêt. Ceci étant, on observe que dans la modernité, les états agent en nom de la démocratie mais par la force. Le discours est de promouvoir un ordre juste et correct. Les valeurs démocratiques justifient les interventions. Toujours au nom de la défense des droits de l’homme et du respect pour l’humanité. Mais, non seulement la justice se présente à géométrie variable comme la performance libérale est incomplète. « Une expression est performative lorsqu’elle ne se borne pas à décrire un fait, mais qu’elle ‘fait’ elle-même quelque chose. » (AUSTIN : 1970). Cella se passe aussi avec la norme. L’objectif de diffuser et renforcer la norme, tombe aussi dans le trouble ontologique libéral. La norme et l’universel sont restreints et limités. Les théories libérales normatives envisagent l’universalisme de la norme, mais cet universalisme se présent comme proposition trop ambitieuse. Le principe libéral de non-humiliation formulé et fondé sur la norme universelle d’égalité de sujets (états et autres) est faible et faillible. Réduire l’anarchie avec la législation transnational accepté par tous les acteurs me semble un idéal qui bloque le jeu sécuritaire. Surtout parce que cette acceptation est bien assimilée par uns mais aussi imposée à d’autres.
1. Les États (and the additional political players)
La multiplicité et diversification d’acteurs remet l’état en arrière plan. Les acteurs multiples coexistent à l’intérieur du propre état. Les parlements nationaux, les groupes de pression, les médias et l’opinion publique sont des acteurs politiques qu’inhibent les états à agir de libre volonté. À l’interne, le jeu sécuritaire international prend de nouvelles constellations et de nouveaux rapports. Même si la tendance actuelle est de considérer comme enjeu sécuritaire la violence infra-étatique, dans les états démocratiques et en voie de démocratisation, la sécurité internationale et les interventions en situation de conflit sont de plus en plus un enjeu du public. Les effets du cadrage discursif, l’amorçage des enjeux par les politiciens et le rôle des médias sur l’opinion publique sont d’autant de moyens de participation botton-up que modifient les rapports d’intervention dans les enjeux internationaux et la participation en régions de conflit. Les alliances et partenariats sont aussi objet de discussion législative et de régulation interne, donc objet de participation publique, parfois référendaires.
Dans le schéma qui suit, on essaie de simplifier les rapports de pouvoir à l’interne proposés par mon approche.
Fig.1 – Fiction pré-politique

1.2. Les institutions inter démocratiques et internationales
La communauté internationale s’est fait doter d’une pluralité d’institutions proches ou lointaines des états souverains, que fonctionnent comme ‘firewalls’ à l’émergence de conflits. On fait la distinction entre institutions inter démocratiques, connues plutôt comme blocs régionaux et institutions internationales. Dans les premières, on observe l’émergence de plusieurs blocs régionaux un peu partout dans la planète. Ils sont le prévaloir de l’économique sur la sphère des relations internationales. Ces blocs empêchent les conflits et créent des alliances régionales auxquelles leurs membres ce soumettent. Les états membres adoptent à l’interne les modifications et adaptations juridiques pour en faire parti. Si le début de ces institutions inter démocratiques est surtout économique, le besoin sécuritaire sort aussi renforcé. Au niveau mondial on trouve plusieurs, plus ou moins démocratiques, avec de rapports plus ou moins égalitaires mais que font changer la géopolitique de la sécurité et surtout évitent la guerre. L’exemple le plus performant est l’Union Européenne, mais aussi la NAFTA, la CEI, la Mercosur, l’ASEAN, Commonwealth, à par d’autres sont les plus évidentes dans le plan international. Plusieurs libéraux défendent leur existence par le besoin commercial et d’échanges ; mais, à mon avis, derrière l’enjeu économique il y a le jeu sécuritaire. Plutôt que la paix, c’est la sécurité qui ces réseaux apportent à leurs membres qui est le centre de la décision en y participer. On pouvait au sein de ces institutions trouver de rapports de forces inégalitaires, de soumission ou d’humiliation comme par exemple dans la NAFTA.
Les institutions internationales sont œuvre de la machine occidentale de domination. Quand on parle de ces organisations, le souvenir de la 2ème guerre et le bipolarisme forment le substrat de leur genèse. Dans l’actualité, heureusement, ces institutions ne jouent plus le rôle des frictions entre les blocs politiques socialiste et capitaliste. Néanmoins, leur structure prend du temps au changement et malgré la fin de la guerre froide, le resurgissement de nouvelles puissances et d’autres acteurs déterminants dans la sphère internationale, les machines ont de la difficulté à s’adapter. On l’observe dans les institutions onusiennes dans leur attachement aux puissances occidentales et au service de leurs intérêts ; on l’observe dans l’OTAN et la tentative de rapprochement de nouveaux pays ressortissants du bloc soviétique. Leur logique continue très proche de la façon de faire classique. Malgré tout, d’autres acteurs apparaissent dans la dispute de l’ordre internationale. Et sont ces acteurs que forment ce qu’on pouvait appeler d’opinion publique mondial. Non seulement grâce aux nouvelles technologies de communication et à l’accès à toute sorte d’information comme aussi à la sensibilisation altermondialiste aux questions sécuritaires. Tout d’abord, les mouvements sociaux et ONG’s qui agent en vertu de valeurs d’égalité et d’assistance aux plus nécessités. Ils forment de groupes d’alerte aux gouvernants qui parfois ne veulent pas donner l’attention aux relations asymétriques qui maintiennent avec certains états de régimes politiques douteux. La question des droits de l’homme est souvent mis en avance face aux intérêts de tout autre ordre, donc ces mouvement alertent aussi les opinions publiques à l’intérieur des états et dénoncent les actions du propre état, quand celui à de rapports bilatéraux avec des états criminels. La communauté épistémologique internationale est de plus en plus au service du bien commun et les sujets de débat et réflexion sont de plus en plus la jurisprudence et la justice entre les êtres humains, non plus seulement entre les états. Puis, les groupes de pression, souvent d’ordre économique qui jouent un rôle d’influence dans les affaires des états. Les accords économiques, le libre échange, la commercialisation et marchandisation qui nourri les grandes groupes multinationaux, et qui veulent empêcher le recours à la violence et au conflit parce que tel scénario serait mauvais pour leurs intérêts. Toute cette panoplie d’acteurs fait repenser la théorie de la sécurité. Non seulement par leur pluralité, mais aussi par leur diversité.
2. L’Hégémonie innéradicable de l’Occident et l’Unilateralisme
L’environnement conflictuel est bien un scénario connu des puissances occidentales européennes. Leur héritage historique l’a appris à penser la guerre aussi bien que à la faire. Le « paradigme occidental de la guerre » (DAVID : 2003), malgré les changements, continue a jouer en faveur des puissances occidentales et renforcé avec le cadre de référence juridique propre du multilatéralisme. Toutes les stratégies de négociations actuelles vont de pair avec le savoir faire occidental que depuis deux siècles régi l’ordre global. Sans partager l’idée de fin du paradigme proposé par David, je pense que l’effondrement de certains états, les conflits périphériques et les nouvelles réseaux politico-religieuses-criminels, ne vont pas échapper au contrôle de l’ordre proposé par l’occident. Non parce que l’Europe puisse être le justicière de la planète, mais parce que ce rôle est laissé à un allié, les États-Unis. Même si on passe du sujet souverain au sujet constitué et situé, le panoptique institutionnel-politique-militaire-sécuritaire ne laisse pas échapper le détracteur. La puissance est toujours le détenteur de l’instrumentalisation de la force, soi avec, soi sans consentement ; soit dans un scénario de conflit asymétrique, soit dans le choix entre l’usage du dialogue ou l’usage des armes. Les États-Unis produisent les normes intellectuelles et idéologiques autour desquelles les débats actuels s’organisent. (DAVID : 2003) Le choix n’est pas assez diversifié pour les autres ‘partenaires’ internationaux. Soit ils participent, soit ils sont ‘outsiders’ de cette hégémonie.
Le schéma suivant reproduit la perception théorique postmoderne des théories des relations internationales où, encore une fois, le trouble libéral est présent dans la manifestation de l’hégémon.
Fig. 2 – Pas de fiction pré-politique

Dans le contexte donné et l’histoire que le soutien, on ne peut pas penser l’international sans un cadre de réflexion. Dans la fig. 2, toutes les directions de ceux qui sont à l’intérieur convergent soit pur le politique, soit pour le pouvoir ; a contrario, l’outsider n’a pas de directions précises, non seulement parce qu’elles peuvent être obscures et inidentifiables, soit parce qu’il ne sait pas quelle direction prendre. Mais, en tout cas, c’est aussi une force constituante du panorama international et détenteur de pouvoir. “ … we should conceptualize power not as an external relation taking place between two preconstituted identities but rather as constituting the identities themselves. This point of confluence between objectivity and power is what we called ‘hegemony’” (MOUFFE: 1996). Un exemple, à mon avis, ce sont les relations entre l’occident et l’Iran ou les relations entre l’occident et l’Iraq avant la guerre. Du point de vue du pouvoir de blesser ou de l’histoire, serait une formulation d’un standard normatif, c'est-à-dire, la réitération humiliante.
2.1. Les ‘éthiques’ des interventions
« The most important direct consideration for the liberals was that nonintervention reflected and protected human dignity (or rights, through Mill disliked the word). Nonintervention could enable citizens to determine their own way of life without outside interference. If democratic rights and liberal freedoms were to mean something, they had to be worked out among those who shared them and were making them through their own participation. Kant’s ‘Perpetual Peace’ (1795) had earlier made a strong case for respecting the right of non-intervention because it afforded a polity the necessary territorial space and political independence in which free and equal citizens could work out what their own way of life would be. For Mill, intervention undermined the authenticity of domestic struggles for liberty. A free government achieved by means of intervention would not be authentic or self-determining but determined by others and not one that local citizens had themselves defined through their own actions. (Good governance was more like poetry than pushpin.) (...) John Stuart Mill provided a second powerful, direct argument for non-intervention, one focusing on likely consequences, when he explained in his famous 1859 essay, ‘A Few Words on Non-Intervention’, that it would be a great mistake to export freedom to a foreign people that was not in a position to win it on its own. A people given freedom by a foreign intervention would not, he argued, be able to hold on to it. It’s only by winning and holding on to freedom through local effort that one acquired a true sense of its value. » (DOYLE: 2006, p. 32). Parmi les libéraux les opinions sont contrastantes. D’un côté les non-interventionnistes, de l’autre, les libéraux cosmopolites qui défendent le droit à la liberté de tous n’importe où. Je pense que le nouvel ordre mondial résultant de la globalisation et de la fin de la guerre froide, apporte un contexte complètement nouveau auquel il faire attention pour ne pas commettre les erreurs du passé. Dans le chemin de Chung, on partage l’idée qu’une nouvelle approche cosmopolitique assise sur certaines caractéristiques empiriques de l’ordre international, qui va au-delà de l’interdépendance économique et politique jusqu’à présent inégalitaire, offre de conditions plus favorables au développement d’une coopération internationale imbriqué, d’intérêts mutuels et de partage.
L’idée est celle d’une gouvernance mondiale sans gouvernement, autorégulatrice, où les états ne sont pas nécessairement impliqués, mais certainement soumis. Il s’agirait de procédures démocratiques internationales que ne faisait pas recours à la guerre pour résoudre les conflits. Néanmoins, la contrainte démocratique est présente. Mais cette contrainte ne concerne pas les états. Ceux-ci peuvent être gouvernés par d’autres sorts de régimes non démocratiques. La vraie contrainte dans de cas, serait la communication et la capacité de transmettre un message compréhensible au récepteur qui ne partage pas les mêmes codes de signification. Cette acception peut-être considérée ayant au-delà du paradigme de la paix démocratique, une fois que celle-ci repose simplement sur les prémisses pacificatrices de du commerce international et l’influence dynamique que les constitutions démocratiques peuvent avoir dans les relations externes des états. La constance empirique de la ‘loi de Doyle’, selon laquelle, si les états libéraux font la guerre contre les états non libéraux, ne se font en revanche pas la guerre entre eux. Notre propos est de considérer que l’environnement cosmopolite inhibe la guerre entre les états, peu importe le régime. La rhétorique libérale assume le déterminant démocratique à l’interne ; par contre, on propose le déterminant démocratique international. La différence s’appui surtout dans l’action plutôt que dans le contenu. C’est-à-dire, on postule contre l’idée fondé de l’unilateralisme et la persécution de l’hérétique en vue de le convertir ou de prendre les institutions internationales comme otages des valeurs et règles que pendent seulement pour un côté de la balance. La paix démocratique se présente avec deux poids et deux mesures.
Conclusion
Dans ce papier j’ai essayé d’esquisser une proposition post libéral sans abandonner les postulats libéraux. L’idée du départ était de faire une déconstruction du paradigme libéral et voir à quel point les idéalistes kantiens avaient détourné et complexifier le propos d’une paix perpétuelle. La paix démocratique, une des assomptions, plus valables des relations internationales s’est révélé dans le plan normative ainsi que dans l’empirique la théorie plus convenable pour la propagation des valeurs, normes et règles occidentales. Penser la sécurité internationale, sans mêler les violences infra-étatiques, implique un effort substantiel. Mais comme l’objet du papier était simplement la performativité libérale, on a abandonné a priori la question de la violence interne, et donner attention seulement à la situation de conflit international. Éviter la guerre et garantir la sécurité étaient les propos théoriques de ce papier. Néanmoins, on ne peut pas penser la sécurité sans théoriser sur l’état, celui-ci est toujours la victime et le criminel dans les relations internationales, même si les rapports changent vers autres acteurs singuliers. On a donné l’attention mérité au rôle des états et leurs apports aux relations internationales. Mais, c’était plutôt l’importance de la multiplicité et diversification d’acteurs qui nous intéressait de mettre en évidence, aussi bien que les rapports de conformité entre les idées de justice et de norme. Pour ce qui concerne la sécurité, une approche cosmopolite nous semble plus valable que l’approche de la paix démocratique, parce que celle-ci soutien les intérêts classiques des puissances occidentales et les rapports de forces, dans le monde unipolaire, sont totalement asymétriques. Nous avons aussi essayé de déconstruire certaines logiques empiriques de la théorie libérale comme l’universalisme et l’assimilation. Les propos du papier peut-être que non pas été remplis, peut-être qu’au départ j’ai été trop ambitieux, mais quoi que ça soit la dérive, je pense qu’en matière de sécurité internationale il faut continuer à chercher dans le normatif et dans l’empirique en regardant toujours sur un passé, pas très récent, sans l’effacer mais si possible le mettre un trait.
Bibliographie:
AUSTIN, J. L., Quand dire c’est faire, Éditions du Seuil, Paris, 1970 ;
BUTLER, Judith, Le pouvoir des mots, politique du normatif, Paris : Editions d’Amesterdam, 2004 ;
CHUNG, R., « Un Cadre Conceptuel pour l’Emploi de la Force – Du Paradigme Cosmopolitique en Ethique des Relations Internationales », Montréal, 2002 ;
DAVID, D., « Penser la Sécurité dans un Monde Fluide », IFRI, Paris, 2003 ;
DOYLE, Michael W., “The Ethics of multilateral intervention”, Theoria, April 2006;
GOENNER, Cullen F., « Uncertainty of the liberal peace », Department of Economics, University of North Dakota;
HASENCLEVER, A. et Weiffen, B., « International institutions are the key: a new perspective on the democratic peace », RIS, 2006, 32, pp. 563-585;
MARTRES, J-L., « De la Nécessité d’une Théorie des Relations Internationales – L’Illusion Paradigmatique », CAPCGRI, Bordeaux, 2003 ;
MOUFFE, C., « Democracy, Power and the « Political » » in Benhabib, Seyla (ed.), Contesting the Boundaries of the political, Princeton University Press, pp. 245-255, 1996;
ROCHE, J-J., « Théories de la Sécurité – nouvelles approches : une redéfinition de la sécurité », texte mis à disposition des étudiants sur dokeos ;
ROCHE, J-J., Théorie des Relations Internationales, Montchrestien, Paris, 2001 ;
ROCHE, J-J., Relations Internationales, LGDJ, Paris, 1999.
[1] J.J. Roche (cours de séminaire de 09 mai 2008) affirme que la distinction entre justice et paix est artificielle, une ne peut pas exister sans l’autre. Je pense que on peut réussir à une paix sans justice, dont injuste, même si momentanément ; mais qu’on ne peut pas avoir une justice dans un état de guerre. Cette discussion pourrait se développer du point de vue normatif mais ça n’est pas l’objet du papier.
